Lissier

Métier du secteur : Textile

Métier

Pour créer des tapisseries, le lissier travaille en haute ou basse lice avec un métier vertical ou horizontal. A partir d’un carton, le tissage s’effectue sur l’envers. La navette qui porte le fil de trame recouvre en se croisant les fils de chaîne. A chaque passage, le lissier tasse la trame avec un peigne.

Profil

  • Créativité
  • Intérêt pour le travail des textiles
  • Sens des couleurs
  • Précision

Emploi et débouchés

Chaleur, esthétique et transportabilité… La tapisserie connait un essor fulgurant à partir du XIVe siècle. Elle est d’abord importée par les lissiers flamands. Puis les rois de France créent des leurs manufactures. La fabrication repose également sur de nombreux ateliers et manufactures privés. Mais en limitant l’art de la tapisserie à la reproduction de tableaux, les manufactures royales vont engendrer son déclin. C’est dans les années 1940 qu’un regain d’intérêt naît pour la tapisserie à Aubusson. Il est attribué aux efforts du peintre lissier Jean Lurçat qui impose le carton original et non plus la transcription exacte de la peinture classique. Il peut ainsi tenir compte des particularités propres à cet art textile. Le mouvement des “peintres cartonniers” est lancé.
Aujourd’hui, le secteur est à nouveau en perte de vitesse : absence de galeries spécialisées, désintérêt des artistes et des clients, prix très élevé des œuvres… Pour la région d’Aubusson et Felletin, seuls 200 salariés sont employés dans une vingtaine d’ateliers et trois manufactures.
L’activité repose également sur trois manufactures nationales, rattachées à l’administration du Mobilier national, spécialisées dans la production de tapis et de tapisseries d’après des cartons d’artistes contemporains sélectionnés lors d’une commission annuelle. Leur production est destinée en priorité à l’État. Ce sont les manufactures des Gobelins (haute-lisse), de Beauvais (basse-lisse) et de la Savonnerie à Paris (tapis) ainsi que l’atelier national de Lodève (annexe de la Savonnerie). Lorsqu’elles ne sont pas destinées au domaine public, les tapisseries sont généralement destinées à des acheteurs étrangers (États-Unis, Russie, Émirats Arabes Unis…).
Certains artistes lissiers revendiquent depuis une vingtaine d’années l’appellation d’art textile ou d’art de la fibre. Ils travaillent seuls, parfois sur commande, et sont aujourd’hui plus nombreux que les lissiers de manufactures ou d’ateliers privés. Ce positionnement pourrait relancer l’intérêt des collectionneurs.
Après une désaffection pour les tapis noués à la main, une clientèle privée très aisée, et souvent étrangère, se tourne à nouveau vers ces œuvres raffinées. Cette renaissance a eu lieu à la fin des années 1970 avec l’apparition du concept de tapis d’auteur originaux ainsi que le rôle nouveau des décorateurs d’intérieur.

Devenir Lissier

Formation initiale

Niveau V
- CAP arts du tapis et de la tapisserie de lisse, 2 ans.
- Actuellement aucun établissement ne dispense ce diplôme
Niveau IV
- BT dessinateur en arts appliqués, spécialisé tapisserie de lisse, 3 ans.
- BMA art et techniques du tapis et de la tapisserie de lisse, 2 ans. - Actuellement aucun établissement ne dispense ce diplôme)
- Diplôme art de lissiers et de restaurateurs de tapis et de tapisseries, Mobilier national, 4 ans.
Niveau III
- DMA arts textiles, 2 ans.
- DNAP design option Textile, 3 ans.
- Diplôme municipal de tapissier licier de la ville d’Angers, 2 ans.
Niveau I
- DNSEP design option textile, 2 ans.

Formation professionnelle continue

Des formations non diplômantes, d’une durée variable permettent de suivre une initiation, une formation complète ou un perfectionnement. De nombreux cours et stages sont assurés dans les ateliers privés de tapisserie.